Janvier 2005 - Lettre d’infos n° 1 - Monter en extérieur en hiver

Les congés du carnaval (le mardi gras tombe le 8 février) nous rappellent que Pâques est très précoce cette année (fin mars). Les Ballons seront certainement encore recouverts de neige et difficilement accessibles! En 2004, nous avions affronté des couches de 30 cm à  l’approche du Ballon de Servance, à  la mi-avril. Fatiguant pour les montures, mais quel spectacle que cette blancheur immaculée que vous êtes le premier à  fouler. Nous étions évidemment les seuls à  avoir osé nous lancer sur les belles allées de la forêt de St Antoine, à  peine parsemées de quelques flocons à  600 mètres mais recouvertes d’un beau manteau blanc dès l’altitude de 800 m.

Un problème surgit immédiatement dans la neige, quand la température est légèrement supérieure à  0°. Cette neige est très lourde, collante et s’agglomère rapidement sous les sabots des chevaux, provoquant des patins de neige puis de glace s’ils ne s’évacuent pas rapidement. L’équilibre du cheval est compromis et il risque même de trébucher.

Les fers ou semelles à traverse arrière sont défavorisés dans cette situation car la barre emprisonne la neige dans le creux de la sole. Une solution à  ce problème est de couler de la bougie sur la sole sèche avant de traverser la neige, mais évidemment cela n’est pas réalisable partout et demande un peu de coopération de la part du cheval, plus quelques chandelles et un briquet en poche en toute prévoyance...

Prenez soin aussi en rentrant, d’éliminer, à  la brosse ou avec un peu d’eau chaude, les glaçons qui pourraient s’être formés sur les poils des fanons. Cela ménagera l’intégrité de la peau du paturon qui est assez fine et sensible aux crevasses. Sèchez bien la région avec un linge et le lendemain vous pourrez repartir sans souci.

Pour terminer cette info relative à  l’équitation d’extérieur en hiver, parlons de l’adhérence sur sol gelé. S’il y a du verglas, restez chez vous! Souvent quand la matinée s’avance, le soleil le fait disparaître, à moins que ce ne soit le sel de la municipalité... Donc, si on peut attendre quelques heures, il vaut mieux éviter les risques inutiles. Sur un sol gelé très dur, il n’y a que les crampons qui puissent garantir une progression sans glissade importante. On peut toujours les visser sur-le-champ (si on a prévu que les fers comportent des emplacements taraudés pour les recevoir!).

Sinon, une pratique ancestrale et toujours efficace, consiste à  habiller chaque sabot, d’une “chaussette” constituée d’un tissu laineux que l’on fixe au paturon avec une ficelle ou une bande collante. Cela ne résistera pas pendant 20km mais vous aidera sans doute à  sortir d’une zone glissante peu étendue mais bien désagréable.

Voilà  donc quelques conseils qui vous rassureront pour vos sorties par temps froid. Les chevaux ne craignent pas le froid sec (même -15°C). La neige en rafales leur fait mal aux yeux comme c’est le cas pour le cavalier. Une seule recommandation: échauffez bien votre monture pour éviter la myosite. Faites au moins un km au pas avant d’accélérer si le terrain y est propice. Et puis essayez d’adopter une allure pas trop vive, de crainte de devoir vous arrêter ( pour souffler) ce qui risquerait de vous refroidir, mais qui soit assez dynamique pour éviter un engourdissement par manque d’action  musculaire.

Bonne route dans nos paysages givrés! Emportez quelques barres énergétiques et de la boisson. Un coup de pompe peut survenir au meilleur cavalier. Ce n’est pas le moment de relâcher son attention!

    A bientôt!                                

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