|
Juin 2005 - Lettre d’info n° 6 - Préparer la prochaine rando
Les semaines chargées d’études, de tensions préparatoires à la session, de bilans et autres tracasseries qui sont le lot
de tout individu impliqué un tant soit peu dans la vie “moderne”, ces semaines tirant donc à leur fin, nous nous surprenons à penser un peu à la détente et peut-être à une escapade avec notre complice de toujours, notre chère
monture sans qui tout rêve d’évasion dans la nature reste bien aléatoire.
Et voilà! Nous avons pris la décision, c’est à cheval que nous prendrons nos prochaines vacances, en pleine nature!
Nous y ferons le plein d’air pur, de senteurs, des plus belles couleurs des fleurs et des arbres sauvages et surtout
nous nous y laisserons bercer par le rythme de la course journalière du soleil et peut-être aussi de celle de la lune, pourquoi pas?
Voici quelques détails à mettre au point pour profiter à fond de ces journées d’exception...
- Etre en forme
Monter à cheval pendant 4 à 6 heures d’affilée ne relève pas de l’exploit sportif mais sollicitera quand même toute une
série de muscles et d’articulations dans des mouvements qui ne sont pas ceux de la vie quotidienne, à moins que l’on n’ait la chance de pouvoir monter tous les jours. Il faut donc exercer ce corps par des sorties régulières (au
moins 2-3 heures par semaine) pour qu’il connaisse bien tout ce qu’on va exiger de lui pendant plusieurs jours successifs à cheval et aussi à pied. En effet, quand l’occasion se présente de pouvoir soulager le cheval sur un
terrain en descente, nous sautons à terre et marchons à côté.
Le manque de préparation vous gratifiera de courbatures, raideurs articulaires et... cloques au fondement!
L’accumulation de ces désagréments pourrait même vous empêcher de prendre le départ un matin! Quelle déception que de voir partir les copains sans vous, pour cause de sous-entraînement!
- Amener son cheval à une bonne condition
- sportive:
votre compagnon va effectuer les 30 à 40 km de chaque journée, ce qui n’est sans doute pas dans ses habitudes, mais surtout il aura à vous porter du matin au soir. Il doit donc, davantage encore que vous, présenter une forme physique irréprochable. S’il ne travaille qu’occasionnellement, il faut le mettre au boulot, à toutes les allures après un bon échauffement (1km au pas) sur 10 à 20 km au moins 2 fois par semaine.
- sanitaire: contrôler la validité de ses vaccins (grippe, rhinopneumonie et tétanos), surveiller la santé
de ses sabots (un complément vitaminé peut y aider en plus d’un ferrage régulier par un professionnel) et lui offrir un rationnement judicieux (prairie abondante ou aliments de sport)
- Respecter les devoirs administratifs s’il y a passage de frontière: le cheval doit être accompagné d’un
document d’autorisation à voyager, délivré par l’AFSCA de votre région (ancienne Inspection Vétérinaire) sur foi d’un certificat de bonne santé rédigé par votre vétérinaire traitant et daté de 48 h maximum avant le
départ du pays d’origine.
- Se définir un but: il y a différentes motivations pour partir en rando, l’essentiel est de savoir ce que
l’on veut privilégier au cours de cette expérience. Vous pouvez partir pour
- le sport, pur et dur, le plaisir de se dépasser, se démontrer de quoi on est capable
- l’insolite: en bivouac, sans intendance, aller comme le vent vous pousse
- la convivialité qu’apportent les rencontres sur la route ou la camaraderie dans le groupe
- la relation avec sa monture, toujours présente dans tous les styles de rando
- le farniente si l’on part seul, il s’agit alors plutôt d’une balade buccholique sans plan précis, où
toute rencontre (plante, animal, personne, bâtiment...) est bonne à s’arrêter et à creuser le sujet.
Quel que soit votre style, créez-vous un but à atteindre, sans prétention, mais attachez-vous à faire le choix de la
rando qui vous permettra de réaliser votre plan.
- S’équiper pour pouvoir réagir et non subir
- la sellerie: prenez votre selle favorite, prévoyez d’y accrocher 2 sacoches (qui contiendront le
pique-nique, la trousse de secours et les fers de réserve) au troussequin et éventuellement 2 fontes (pour dégager les poches du cavalier) au pommeau. Un bon gros tapis style USA apportera tout le confort que mérite le
dos de votre monture, même s’il fait chaud. Sur la tête du cheval, le minimum, il vous en sera reconnaissant. Une longe de bonne longueur (3m) est indispensable pour certains passages difficiles et pour l’attache à un
gros arbre par ex.
- l’habillement: il variera en fonction de la météo du moment et de l’endroit, mais prenez exemple
sur les alpinistes qui préfèrent 3 couches fines qu’une épaisse (légèreté, plus modulable). La coiffe est indispensable car notre crâne est ce que nous avons de plus précieux et son contenu est irremplaçable. Le minimum
est la casquette, l’idéal est le casque type endurance. Aux pieds, des bottines légères et des guettrons de croûte de cuir: bonne protection, légèreté, facile à enlever à la halte si la température monte sur le mollet!
Les bottines offrent la semelle crantée qui vous empêchera peut-être de glisser dans une descente à pied parmi les pierres...
- le petit matériel: au choix de chacun, mais le canif me paraît indispensable, on peut ajouter l’appareil
photo de poche, la barre énergétique, la gourde, la ficelle qui peut servir à réparer une attache défaillante, les jumelles, la boussole, le stylo, le porte-carte étanche, le tire-bouchon, la scie pliante... Tout cela
peut prendre place dans un sac banane de ceinture ou, mieux, dans les fontes sur la selle.
- Partir seul ou s’intégrer dans un groupe:
- partir seul est très excitant mais demande une expérience certaine de la rando car il serait très décevant pour
le randonneur de devoir appeler des secours au premier problème faute de ne pouvoir le résoudre soi-même (ferrure, blessure, bris de matériel...) Le cheval sera aussi plus chargé qu’en groupe et l’utilisation d’un
cheval de bât est une solution magnifique mais requérant un sérieux savoir-faire.
- partir avec un groupe mené par un guide est le choix le plus raisonnable et permet de lier des amitiés
nouvelles lors de ces rencontres. Les chevaux aussi en sont ravis et se font de nouveaux copins en quelques heures!
- Acquérir un désir de découverte (orientation, flore, coutumes locales, gastronomie...): la rando est une
occasion unique de découvrir à chaque tournant comment vivent les gens ailleurs, un autre aspect du monde que ce que nous côtoyons quotidiennement. Il faut simplement se donner la peine d’aller chercher l’information, en
parlant avec les personnes croisées, en observant la nature, le ciel, en s’intéressant au travail de cartographie... Il y a, en rando, un enrichissement continuel à portée de la main.
- Tirer les leçons des déconvenues et élaborer un nouveau projet: dans chaque organisation de plusieurs jours,
il y a un problème ou un autre qui surgit: un fer arraché, un cheval qui ne mange pas bien, une plaque d’échauffement sous le harnachement, un vêtement déchiré, une ecchymose, une fièvre subite, une grande fatigue... On
s’enrichira de la résolution sereine de ces problèmes avec l’aide du guide et des autres membres du groupe et dans ces cas-là, la camaraderie, qui se transforme vite en amitié, ne sera pas un vain mot! Il conviendra alors
d’analyser les raisons de la survenue de ce souci et d’y remédier pour la prochaine expérience.
|