Mai 2005 - Lettre d’info n° 5 - Mise au pré et petits soucis

Ce joli mois de mai qui débute apporte à la plupart de nos protégés, un changement de taille dans leurs habitudes de vie. Après être restés 6 longs mois dans leur écurie et leur enclos, ils vont retrouver une vie un peu plus naturelle, plus proche de leurs besoins fondammentaux:

  • courir à leur guise
  • reprendre une position sociale dans un groupe
  • absorber une nourriture fraîche, riche en eau et succulente
  • se rouler en toute liberté et détendre leur dos
  • retrouver les sensations procurées par un environnement végétal et animal plus ou moins sauvage.

Que leur arrive-t’il? Ils partent au pré, le plus souvent en groupes de 2 ou 3 individus par parcelle, au milieu des jardins ou sur de vastes plaines, rythmées par les clôtures et les haies.Quelques précautions seront nécessaires pour que cette chance ne devienne un cauchemar.

  1. Les clôtures
    • en béton (normandes): décoratives mais insuffisantes seules
    • en bois: très jolies mais d’un entretien fastidieux et à doubler pour les protéger des dents des chevaux
    • en fils métalliques
      • lisses: 4 ou 5 fils bien tendus, piquets espacés de +/- 4mètres. Solide mais coûteux à l’installation, peu d’entretien.
      • barbelés: PROSCRITS pour les chevaux. Le moindre accident prend des proportions catastrophiques, les plaies sont profondes et destructrices, souvent jusqu’à entammer l’os.
    • électrifiées: restent l’idéal pour les chevaux. Simples à installer, faciles à adapter, pas d’entretien, appareil sur secteur ou sur piles (+/- 30€ / an). Je préfère le fil de fer au ruban synthétique, car moins extensible et meilleur conducteur.
  1. Les haies
    • elles présentent l’avantage de filtrer le vent en plus de retenir les chevaux. Elles sont aussi un refuge pour les oiseaux, nos alliés contre les insectes. Et peuvent à l’occasion nous offrir quelques fruits agréables (noisettes, faines, prunelles...). Enfin certaines dégagent beaucoup d’ions négatifs et sont très appréciées par les occupants de la parcelle (noisetier).
    • Une seule espèce à bannir: TAXUS BACCATA, l’If dont une brindille de 15cm tue un herbivore de 500kg en quelques minutes.
  2. Les plantations des parcelles voisines
    • Chercher de nouveau l’If dont les branches peuvent, en s’étendant, venir taquiner la curiosité de votre cheval
    • Si la clôture n’est pas électrifiée, il peut arriver que les chevaux aillent voir de l’autre côté si ce qui y pousse n’est pas meilleur que chez eux et passent un antérieur entre les fils de la clôture. En reculant, ils pourront s’emprisonner le fil du bas, entre fer et sabot avec tout ce que cela peut amener en fonction du tempéramment de l’animal.
  3. Les anciennes clôtures enfouies
    • Il arrive que des clôtures traditionnelles entre parcelles soient abandonnées au fil du temps et enlevées par l’occupant. Souvent les pieds des piquets restent dans le sol parce que la rouille a détruit le bas de la partie aérienne et le piquet se casse à ce niveau. Ces vestiges sont de vrais pièges pour les pieds des chevaux qui s’y empalent facilement, développant alors un abcès dans le sabot.
    • Si votre cheval a subi ce pénible accident, empruntez un détecteur de métaux pour essayer de repérer ces pointes métalliques émergeant à peine et invisibles à l’oeil nu.
  4. L’eau d’abreuvement
    • L’eau courante:
      • le raccordement à la distribution: il suffit d’installer un abreuvoir automatique ou de remplir un bac régulièrement en ouvrant la vanne
      • le ruisseau: self service si la berge a été amménagée en pente douce et... si l’eau n’est pas polluée per les rejets des habitations voisines!
    • La réserve d’eau mobile: une cuve sur une remorque ou, au pis-aller, des bidons de 25 litres vous permettront d’assurer la présence d’eau dans la prairie.
    • Les chevaux boivent entre 10 et 20 litres par jour en fonction de l’humidité ambiante (rosée, pluie), de la chaleur, de leur activité (allaitement).
    • Les zones boueuses autour des points d’eau, sont des endroits propices à la reproduction des moustiques et de certains gastéropodes, hôtes intermédiaires de parasites des chevaux. A surveiller!
  5. L’apport nutritionnel du paturage
    • Il varie en fonction de la saison:
      • la pointe d’herbe est très riche en azote et en eau: les crottins ressemblent à de la bouse de vache pendant la première semaine et il y a danger de fourbure pour les prédisposés
      • équilibre des apports après quelques semaines
      • en septembre-octobre: baisse de la richesse en protéines, augmentation de la teneur en fibres
    • la charge à l’hectare: de 1000 à 1500 kg soit 2 à 3 chevaux, en fonction de la fumure de la parcelle, de son exposition, de la qualité du sol, de l’envahissement par des advantices (rumex, renoncules, chardons, orties...)

 

    • Le surpaturage est très destructeur et peut ruiner une prairie par le piétinement excessif et le mauvais traîtement infligé à chaque plante par les bouches voraces des chevaux en surnombre.
    • Si la surface disponible est un peu en dessous des besoins, partagez-la en deux et laissez reposer la moitié pâturée après l’avoir dossée et éventuellement fumée. Ces temps de repos sont propices à la régénération de l’équilibre de la prairie et à sa production.
    • Si la charge est réellement trop importante, il vous reste à supplémenter par un repas du soir (composition comme en hiver).

A bientôt!

Haut de page

Retour aux archives